Camping : jusqu’à 50 % d’aide pour vos équipements économes en eau, Agence de l’eau Loire-Bretagne

Chaque été, c’est la même question pour les gérants de campings : comment tenir la saison quand les arrêtés sécheresse tombent et que la facture d’eau grimpe ? Bonne nouvelle, une partie de vos investissements pour consommer moins peut être financée. Encore faut-il savoir qui finance, à quelles conditions, et ce que cela donne vraiment sur un mobil-home. On fait le point, textes officiels à l’appui.

Qui finance vraiment : Agence de l’eau Loire-Bretagne

On entend souvent parler d’une « aide de la Région ». En réalité, l’aide aux économies d’eau des entreprises vient de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, un établissement public de l’État. Elle intervient sur tout le bassin Loire-Bretagne, qui couvre notamment l’ensemble des Pays de la Loire (dont la Vendée et la Loire-Atlantique), la Bretagne et le Centre-Val de Loire.

Le cadre légal

  • Code de l’environnement, article L. 213-9-2 : il permet aux agences de l’eau d’accorder des subventions dans le cadre de leur programme pluriannuel d’intervention.
  • 12e programme d’intervention 2025-2030 de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, adopté par son conseil d’administration le 15 octobre 2024.
  • Fiche action QUA_1 « Réduire les prélèvements », applicable au 1er janvier 2025 (conseil d’administration du 14 novembre 2024). C’est elle qui fixe les règles pour les économies d’eau.
  • Règles européennes sur les aides d’État (règlement général d’exemption RGEC n° 651/2014, règlement de minimis n° 2023/2831) : elles s’appliquent aux entreprises et peuvent plafonner le taux.

Ce que l’aide finance

La fiche QUA_1 distingue deux volets pour les acteurs économiques hors agriculture, ce qui inclut les campings :

Réduire les besoins en eau

Matériel plus économe, changement de pratiques, comptage et télé-relève. Le taux maximal affiché est de 70 %.

Réduire les prélèvements existants

Recours à des « eaux non conventionnelles » : récupération d’eau de pluie, recyclage, réutilisation d’eau. Le taux maximal affiché est de 50 %. C’est dans ce volet que se range a priori un système de réutilisation des eaux grises comme le récupérateur KG ECO.

Ces taux sont des maximums. L’agence précise qu’ils peuvent être réduits selon l’encadrement européen et la taille de l’entreprise.

Les conditions à connaître avant d’acheter

C’est là que beaucoup de projets se perdent. L’aide n’est pas une remise automatique en caisse.

  • Demander avant d’acheter. La demande se fait sur le téléservice RIVAGE de l’agence, avant tout bon de commande ou début de travaux. Un équipement déjà acheté n’est plus finançable.
  • Une étude préalable ou un diagnostic doit montrer la réflexion globale sur les économies possibles et chiffrer l’objectif de réduction.
  • Pas de bâtiment neuf. Les créations d’établissement, transferts et bâtiments neufs sont exclus. Un camping existant qui équipe ses hébergements est dans la cible.
  • Comptage et bilan. Le suivi des volumes est obligatoire, avec un bilan des économies réalisées un an après la mise en service.
  • Un budget sous tension. L’agence indique que ses capacités d’intervention sont insuffisantes en 2026. Les dossiers sont priorisés, et rien n’est garanti.

Le plafond de 60 € par m³ économisé à partir de 2027

À partir du 1er janvier 2027, l’agence appliquera un coût plafond de 60 € par m³ d’eau économisée à toutes ses décisions d’aide pour les entreprises et les collectivités. Concrètement, la dépense retenue ne peut pas dépasser 60 € pour chaque m³ économisé par an. Plus votre équipement économise d’eau, plus la dépense prise en compte est élevée.

Exemple chiffré : un mobil-home équipé d’un récupérateur KG ECO

Rappel du principe : le récupérateur KG ECO récupère par gravité les eaux de douche et de lavabo, les filtre, puis les envoie vers la chasse d’eau. Il ne stocke pas l’eau : elle circule en continu, comme une rivière, et le surplus part simplement aux eaux usées. Pas d’eau stagnante. D’après la fiche produit, il fait économiser plus de 1 m³ d’eau potable par semaine pour 4 personnes.

Prenons une cuve à 890 € et un mobil-home occupé par 4 personnes.

OccupationEau économisée par anDépense retenue (plafond 60 €/m³, dès 2027)Aide à 50 %Reste à charge
10 semaines10 m³600 €300 €590 €
14 semaines14 m³840 €420 €470 €
15 semaines ou plus15 m³ et plus890 €445 €445 €

Pour une décision prise avant 2027, sans ce plafond, l’aide maximale serait de 50 % de 890 €, soit 445 €, et la cuve reviendrait à 445 €.

Avec 1 m³ par semaine pris au plus bas, il faut environ 15 semaines d’occupation par an pour que la cuve entière soit retenue à partir de 2027 (890 € ÷ 60 € = 14,8 m³). Comme la fiche annonce « plus de 1 m³ », un mobil-home bien rempli 14 semaines peut déjà y arriver. Et une même cuve pouvant servir deux mobil-homes, l’économie annuelle double, ce qui fait passer le calcul largement au-dessus.

Et si l’on parle d’un seuil de 60 m³ ?

Certaines informations évoquent un minimum de 60 m³ économisés. Nous ne l’avons pas trouvé dans les textes de l’agence, qui parlent de 60 € par m³. Si votre interlocuteur applique bien un seuil de 60 m³ par projet, un seul mobil-home n’y suffira pas : il faudra regrouper plusieurs hébergements dans le même dossier. À 10 semaines, il faut 6 mobil-homes équipés (6 × 10 = 60 m³). À 14 semaines, il en faut 5 (5 × 14 = 70 m³ ; 4 ne donnent que 56 m³).

C’est d’ailleurs le bon réflexe dans tous les cas : un dossier qui équipe une partie du parc pèse plus lourd qu’une cuve isolée.

Réutiliser les eaux grises : ce que dit la réglementation

Depuis le 1er septembre 2024, l’usage d’eaux grises pour les chasses d’eau est encadré par :

  • le décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 relatif à des utilisations d’eaux impropres à la consommation humaine, qui crée les articles R. 1322-87 et suivants du code de la santé publique ;
  • l’arrêté du 12 juillet 2024 relatif aux conditions sanitaires d’utilisation de ces eaux pour des usages domestiques.

L’évacuation des excreta (la chasse d’eau) fait partie des usages autorisés pour les eaux grises. Pour un établissement collectif comme un camping, les systèmes alimentés en eaux grises relèvent d’une déclaration auprès du préfet (article R. 1322-100 du code de la santé publique). Le propriétaire doit aussi tenir un carnet sanitaire, poser une signalétique « eau non potable », garder un réseau séparé du réseau d’eau potable et faire contrôler la qualité de l’eau selon la fréquence fixée par l’arrêté.

L’ARS de votre département reste l’interlocuteur à consulter avant l’installation.

Comment monter votre dossier, étape par étape

  1. Faites le point sur vos consommations : relevés de compteur des dernières saisons, nombre d’hébergements, semaines d’occupation.
  2. Faites réaliser le diagnostic qui chiffre les économies visées.
  3. Demandez un devis pour les équipements, sans le signer.
  4. Contactez la délégation de l’Agence de l’eau de votre secteur, puis déposez la demande sur RIVAGE.
  5. Attendez la décision avant de commander.
  6. Installez, comptez, faites le bilan un an après.

En résumé

L’aide existe bel et bien, mais elle vient de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, pas de la Région, et elle se prépare. Pour une cuve KG ECO à 890 €, elle peut ramener le coût à 445 € si le mobil-home tourne assez de semaines dans l’année. Pour un camping qui équipe plusieurs hébergements, le calcul devient franchement intéressant, sur la facture d’eau comme lors des restrictions estivales.

Vous voulez estimer vos économies et préparer votre dossier ? Contactez KG ECO.

Sources